La Région veut valoriser les sédiments de dragage du port de Boulogne-sur-Mer – Calais
Le projet SED’OPALE, porté par la Région Hauts-de-France avec l’appui de Neo-Eco, de l’IMT Nord Europe et du CD2E, marque une avancée majeure dans la valorisation des sédiments portuaires issus des opérations de dragage. Chaque année, le port Boulogne-sur-Mer – Calais génère près de 600 000 m³ de sédiments, dont la gestion représente des enjeux environnementaux et économiques. Pour répondre à ces défis, la Région a investi 1,1 M€ dans un programme de développement ambitieux, inscrit dans la dynamique Rev3.
de sédiments à gérer (Boulogne-sur-Mer et Calais)
formulations validées
de suivi environnemental en cours
investis par la Région Hauts-de-France
A propos des partenaires
Objectifs du projet
Le projet vise à faire des sédiments de dragage une ressource pérenne à disposition des acteurs du BTP, tout en répondant aux enjeux de nécessité de gestion post opération de dragage. Les objectifs sont donc doubles :
Pour la Région Hauts-de-France :
- Transformer ces sédiments en ressources pour des filières locales,
- Réduire la dépendance aux matériaux primaires,
- Anticiper augmentation des volumes de sédiments gérés à terre.
Pour les maitres d’œuvre et maitres d’ouvrage, acteurs du BTP :
- Sécuriser l’approvisionnement en matières premières,
- Diminuer les transports grâce à une ressource disponible localement,
- Décarboner les chantiers,
- Garantir un usage de matériaux alternatif en conformité réglementaire et garantissant l’innocuité environnementale.
- Proposer des solutions permettant de participer au verdissement des marchés publics
Données clés
Le projet a permis d’établir 10 zones de prélèvement qui ont pu être étudiées (5 à Boulogne-sur -Mer, 5 à Calais) ; 5 gisements retenus pour la suite du projet : 3 sur Boulogne-sur-Mer, 2 sur Calais. L’objectif est dans un premier temps de cibler les zones portuaires présentant des sédiments dont les caractéristiques et les quantités disponibles sont plus intéressantes.
Les volumes historiques (2012–2019) oscillent autour des ≈ 342 000 m³/an à Boulogne-sur-Mer et Calais ≈ 239 000 m³/an à Calais.
Les sédiments disponibles ont pu faire état d’une caractérisation complète :
- Chimie/minéralogie (FX, DRX),
- Lixiviation (arrêté 12/12/2014),
- Mécanique/géotechnique (VBS, Proctor/IPI, granulométries, cisaillement…).
Les résultats des essais ont défini les meilleures pistes de valorisations vers lesquelles orienter ces gisements.
Les sédiments portuaires ont des teneurs en sels (chlorures et/ou sulfates) pouvant être élevés, par conséquent un traitement par lavage est nécessaire. Celui-ci permet un abattement des chlorures jusqu’à rendre les gisements valorisables.
Filières prioritaires et formulations validées
Le projet a étudié différentes filières de valorisation, l’étape de formulation et une analyse territoriale ont permis de cibler plus particulièrement :
- Technique routière,
- Béton,
- Aménagement paysager
16 planches expérimentales ont été éprouvées en laboratoire ; ce qui a permis la validation de 9 formulations en 2024. Les applications validées permettent ainsi de définir des taux d’incorporation de sédiments dans :
- Couche de forme (30 % sédiments),
- Béton (10–20 % substitution sable),
- Piste cyclable (30 %), grave traitée (30 %),
- Coulis (50 % substitution cendres volantes),
- Noyau de digue (100 % sédiments).
Enjeux environnementaux du projet de recherche
Le projet s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire. De ce fait, les principaux objectifs environnementaux de ce projet sont les suivants :
- la préservation des ressources naturelles non renouvelables ;
- la limitation de l’extraction de ressources naturelles par l’utilisation de matières premières secondaires ;
- la limitation du rejet (clapage en mer…) de matériaux aptes à être valorisés ;
- la définition d’écoproduits/éco-matériaux.
Enjeux sociaux et sociétaux du projet de recherche
La possibilité d’introduire les sédiments permettra de réduire les coûts de production du produit final pour le producteur et de s’inscrire dans une démarche de protection de l’environnement. Cela permet aussi de participer au développement des activités économiques s’inscrivant dans une démarche de développement durable.
Ainsi, ce projet englobe plusieurs enjeux sociaux et sociétaux tels que :
- la contribution au maintien et à la création d’emplois dans les nouvelles filières éco-industrielles locales de valorisation ;
- la sensibilisation des différents acteurs industriels sur le potentiel des sédiments ;
- la diminution des conflits et tensions autour des zones de dépôts et centres de stockage par la réorientation des sédiments vers les filières de valorisation.
Ce projet contribuera à compléter utilement l’expertise régionale acquise depuis plusieurs années en matière de valorisation de sous-produits et incitera son exportation au niveau national.
Enfin, les travaux qui seront réalisés dans le cadre de ce projet (réalisation de planches expérimentales et de pilotes) permettront de constituer une base de données profitable aux acteurs scientifiques et industriels régionaux et nationaux.
Une opportunité pour les sédiments non immergeables
Certaines zones portuaires présentent des sédiments ayant des caractéristiques les rendant incompatibles avec l’immersion. Aujourd’hui, en l’absence de solution de gestion alternative, ces zones ne sont pas draguées : fond du bassin Ravisse et bassin Carnot à Calais, bassins Loubet et Napoléon à Boulogne-sur-Mer.
La création de possibilités de traitement à terre permet d’envisager d’autres utilisations et de traiter ainsi ces espaces du port, au bénéfice de la communauté portuaire.
L’existence de ces filières permet également de mieux assurer la continuité de l’exploitation portuaire face au risque de dépassement d’un seuil qui peut se produire en tout point du port.
Par ailleurs, le renforcement de la réglementation applicable pourrait conduire à un renforcement de l’obligation de traiter à terre.
L’article 85 de la loi Leroy prévoit qu’une filière de traitement des sédiments, résidus et macrodéchets associés soit mise en place afin de proposer une solution alternative à l’immersion pour les sédiments de qualité incompatible. Les seuils définissant les limites des qualités des sédiments pouvant être immergés sont en cours de définition. Le port de Boulogne-sur-Mer – Calais génère en moyenne 600 000 m3 de sédiments par an et se doit de mettre en place des plateformes de valorisation de ces gisements.
La Région va au-delà du traitement et envisage la création de filières de valorisation, elle s’oriente vers deux axes de développement :
La réalisation d’ouvrages expérimentaux à échelle 1 sur le terrain, pour :
- étudier le relargage de substances chimiques tout en s’affranchissant de l’effet d’échelle qui peut être occasionné lors de la réalisation d’essais en laboratoire et en environnement simulé à des échelles plus réduites (essais sur planches expérimentales et pilotes)
- évaluer le maintien des performances mécaniques dans des conditions de terrain
La création de plates-formes de gestion des sédiments, pour :
- permettre de stocker provisoirement les sédiments à proximité du port ;
- réaliser les premières étapes de préparation des sédiments en vue de leur valorisation (ressuyage, criblage…).
En parallèle, il est aussi envisagé que la Région Hauts-de-France, par le biais d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI), identifie des partenaires industriels locaux pour mettre en œuvre les solutions de valorisation qui auront été développées.
Porteur de projet

Durée du projet
2023-2027
Budget du projet
1,1 millions d’euros seront investis par la Région Hauts-de-France pour le projet de R&D
Financeurs

Financeurs projets sedimateriaux 500×83 1







