Chantiers expérimentaux

Valodigue, valorisation de sédiments dans les ouvrages de lutte contre les inondations

D’une problématique d’envasement et d’inondation à un projet de valorisation de sédiments 

Dans le cadre de sa compétence liée au développement économique, la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSOsouhaite développer les voies d’eau de son territoire.  

D’après les essais préliminaires de caractérisation réalisés, les sédiments à draguer ne peuvent : ni être valorisés en épandage dans le domaine agricole, ni être envoyés dans une installation de stockage de déchets inertes.

De plus, la CAPSO a en gestion plusieurs kilomètres de linéaires de digues sur lesquels des travaux de confortement sont à prévoir. 

C’est ainsi que pour répondre à cette double problématique naît le projet Valodigue. Il consiste à valoriser les sédiments de dragage en matériau d’ouvrage de lutte contre les inondations selon la démarche Sédimatériaux. Ce projet vise à évaluer la faisabilité technique et environnementale de la valorisation de ces sédiments fluviaux dans la filière des ouvrages de lutte contre les inondations. 

Valodigue-valorisation-sédiments-digue
Canal Neufossé, commune d'Arques (62). ©CAPSO

Une étude de faisabilité technique et environnementale de valorisation des sédiments en 3 étapes

Phase 1 : Qualifier le sédiment 

Les caractéristiques physiques, minéralogiques et environnementales du sédiment sont étudiées à travers le spectre des règlementations s’appliquant au matériau. Par ce biais, sont ainsi caractérisées les qualités et les propriétés du sédiment. 

Phase 2 : Formuler un éco-matériau de digue intégrant le sédiment 

Par ses caractéristiques, le sédiment semble pouvoir être utilisé en substitution de sables de carrière que l’on retrouve comme constituants de nombreuses applications.  

Pour cette étude, son intégration dans deux éléments constitutifs des digues est visée : le noyau, qui est un matériau argileux, et la couche de couverture, identité visuelle et matériau protecteur de l’ouvrage.  

La phase 2 a un double objectif :  

-Permettre l’innocuité environnementale des sédiments par traitement,  

-Obtenir un matériau répondant aux exigences géotechniques de la filière digue. 

Valorisation sédiments en ouvrage de digue

Phase 3 : Evaluer l’impact environnemental de l’éco-matériau

L’impact de l’éco-matériau sur son environnement est étudié. Des planches témoin et expérimentales sont placées soit en situation d’immersion, soit en situation de percolation, simulant ainsi les deux voies majoritaires de relargage de contaminants dans l’environnement d’une digue.  

Les eaux de surface des planches en immersion et les eaux des planches en percolation sont prélevées régulièrement afin d’étudier leur évolution dans le temps.  

 Les résultats des analyses d’eau sont confrontés :  

-aux limites règlementaires des seuils de potabilité (arrêté du 11/01/2007)
-aux normes de qualité environnementale européennes,
-aux valeurs guide environnementale de l’INERIS,
-au protocole d’acceptabilité environnementale en technique routière du Cerema.