SEDIASPHALTE

SEDICIM
28/06/2019
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28/06/2019

SEDIASPHALTE

Des sédiments dans les asphaltes d’étanchéité

“Sediasphalte”, genèse de ce projet Sédimatériaux

De la dépollution des eaux et des terres par procédés biologiques brevetés à la valorisation des sédiments marins et fluviaux, Francis Grenier, président de Nord Asphlate en a fait la connexion.

Après sa rencontre, en 2015, avec un chercheur scientifique qui travaille sur la dépollution des milieux aquatiques, ils fondent ensemble Biosynergie, une méthodologie qui consiste à épandre sur le site pollué des micro-organismes capables de dépolluer efficacement et de diminuer les hauteurs et quantités de boues de sédimentation.

Fort de ce constat de l’importante présence des sédiments sur le territoire régional, et faisant le lien avec son activité de fabrication d’asphalte d’étanchéité composé de 70% de granulats, Francis Grenier s’interroge sur la possibilité de substituer cette matière première par des sédiments de dragage.

C’est ainsi, que Nord Asphalte se rapproche d’IMT Lille-Douai pour étudier la faisabilité de cette nouvelle filière potentielle de valorisation des sédiments et s’engage dans la démarche SEDIMATERIAUX.

Francis Grenier devant les équipements de Nordasphalte - ©La chronique du BTP

Une nouvelle filière de valorisation de sédiments en cours d’étude

Le projet consiste en l’évaluation et la démonstration du potentiel de valorisation des sédiments dans différentes formulations d’asphaltes pour diverses applications.

L’étape de fabrication à échelle industrielle sera l’occasion d’adapter et d’optimiser le procédé à la nature spécifique des sédiments de dragage.

Si les résultats sont concluants lors de la phase terrain des ouvrages in situ, ce nouvel éco-produit contribuera à développer l’activité de NORD ASPHALTE en créant de l’emploi, à dynamiser et améliorer la compétitivité de ce secteur (réduction des coûts de production), tout en préservant l’environnement et ainsi créer une boucle d’économie circulaire.

Ce travail de recherche passe par plusieurs étapes pour évaluer la faisabilité technico-économique de la valorisation des sédiments de dragage en tant que substitut au sable pour la fabrication d’asphalte d’étanchéité. Il est à noter également que cette filière d’étude est une première mondiale pour le monde scientifique.

Plusieurs types de sédiments étudiés

Les sources d’approvisionnement en sédiments sont nombreuses dans la région Hauts-de-France, et la variabilité est également un facteur à prendre en compte. Afin d’évaluer au mieux les volumes de sédiments valorisables, plusieurs types de sédiments de provenances différentes sont étudiés :

  1. Sédiments marins inertes
  2. Sédiments fluviaux inertes
  3. Sédiments marins non inertes, non dangereux
  4. Sédiments fluviaux non inertes, non dangereux
  5. Sédiments très organiques

…pour différentes applications

La distribution granulométrique (généralement autour de 25% en sables, 20% en filler) est intéressante, et les sédiments pourraient être intégrés dans jusqu’à 92% des formulations de différentes applications :

  1. Les asphaltes d’étanchéité pour le bâtiment,
  2. Les asphaltes de revêtement de circulation pour piéton- (trottoir),
  3. Les asphaltes pour caniveaux,
  4. Les asphaltes de parking silo,
  5. Les asphaltes pour les sols industriels et parvis,
  6. Les mastics d’enrochement maritimes et fluviaux.

Des résultats encourageants avec un taux d’incorporation de sédiments a minima de 20%

Lors des phases à échelle laboratoire, l’IMT Lille-Douai a travaillé sur des formulations d’asphaltes incorporant des sédiments de dragage. A fin juin 2020, les résultats ont permis de montrer qu’il était possible d’obtenir des asphaltes intégrant dans leur composition a minima 20% de sédiments de dragage. Ces sédiments sont répartis, selon la granulométrie (taille des grains) dans deux éléments composant l’asphalte : les fillers (0 à 125µm) et les granulats (sables).

Une découverte au fil de ces recherches a permis de déterminer que la présence de minéraux carbonatés est favorable à la constitution d’asphaltes. En particulier, les roches carbonatées présentes dans les sédiments ont permis d’obtenir d’excellents résultats d’asphaltes.

Ces résultats sont encourageants et permettent de dégager d’autres pistes afin d’améliorer encore la qualité des asphaltes obtenues. Un travail sur les matières organiques au travers d’un biotraitement permettant de réduire leur teneur permettra d’améliorer la compatibilité du sédiment à la formulation d’asphalte, et donc de pouvoir augmenter un taux d’incorporation déjà satisfaisant (un traitement in situ est à l’étude).’

A suivre…

  • Documents disponibles :

Présentation détaillée du projet

  • Porteur de projet :

  • Durée du projet :

4 ans (2018-2022)

  • Budget :

5 300 K€